
Roxane Magnin, 25 ans, étudiante en 2e année de Chimie, EIA Fribourg
« J’avais envie de savoir comment se fabrique ce que je vends à la droguerie»
Pendant le périple en Islande, Roxane jouait les «Madame secours», celle qui avait préparé et se trouvait responsable de la pharmacie de voyage. A côté de quelques médicaments classiques, celle-ci était bien fournie en granules et gouttes en tous genres, d’homéopathie et de phytothérapie. Droguiste confirmée, la jeune fribourgeoise en connaît un rayon sur les propriétés des plantes et a d’ailleurs enrichi le groupe de ses connaissances. Visiblement, la phytopharmacie la passionne et c’est d’ailleurs dans ce domaine, ou celui de l’écologie, qu’elle souhaiterait travailler, après encore deux ans d’études pour obtenir son bachelor en chimie.
«Après mon CFC, j’ai voulu reprendre des études car j’avais envie de passer de l’autre côté, voir et comprendre comment se fabriquait ce que je vendais depuis quatre ans. La chimie m’a semblé répondre à cette envie, et me permettre plus tard d’intervenir dans les relations qu’elle entretient avec l’environnement, puisqu’une chimiste HES travaille au niveau de la production», explique Roxane. Poursuivre ses études lui semblait aussi indispensable pour être prise plus au sérieux : «à la droguerie, où je travaille toujours le samedi pour aider à financer mes études, je ne me sens pas toujours très valorisée, les gens ne profitent pas assez de mes connaissances», regrette-t-elle.
Etudier la chimie correspond aussi bien à sa nature : «j’ai toujours été attirée par les potions. Pour moi enfant, c’était un monde un peu magique». Au collège, même penchant pour les préparations colorées, un peu mystérieuses, qu’il fallait analyser au laboratoire». Car Roxane a suivi une scolarité prégymnasiale jusqu’en 2e année de collège (gymnase), stade où elle a préféré bifurquer vers un apprentissage car «je ne voyais pas du tout sur quoi tout cela pouvait déboucher». Elle regrette à ce sujet que l’orientation professionnelle ne lui ait jamais parlé de la chimie «on ne m’a même pas proposé une information sur la profession de laborantine, alors que j’avais parlé de mon intérêt pour les préparations». La filière est pourtant aujourd’hui suivie par 40% de filles, un bon score pour des études d’ingénierie.
Que retient-elle du voyage d’études en Islande ?
«J’ai plongé dans ce voyage presque sans réfléchir. Je venais de voir « Home » de Yann-Arthus Bertrand, cela m’avait donné l’envie de voyager, et la perspective de me rendre dans un pays où je n’aurais jamais l’idée d’aller m’a séduite d’emblée. Voir une nature particulière, oublier le confort helvétique pendant presque deux semaines, tout me parlait. Et j’ai bien fait ! J’ai l’impression d’avoir mis ma vie sur « pause », de m’être enrichie. J’en garde des odeurs incroyables – j’y suis très sensible – des paysages uniques. Ce qui m’a le plus surpris est la vitesse avec laquelle nous avons tissé des liens entre nous, le partage, le climat de confiance entre des personnes qui ne se connaissaient pas. C’est la preuve que c’est possible.»