Portrait étudiante

  • Marlyse Raemy, 24 ans, étudiante en 2e année de chimie, EIA, Fribourg

    « Je me vois dans l’enseignement, mais pas tout de suite ! »

    Du plus loin qu’elle s’en souvienne, Marlyse a toujours aimé les sciences, les mathématiques et la logique. Tout naturellement, l’enfant de Gumefens (FR) suit donc des études qui la conduisent à l’obtention d’un baccalauréat en chimie à Bulle. Une discipline qui lui semblait combler son attirance pour les maths, mais avec un côté concret qui la mettait à l’aise.

    Puis c’est le départ pour Lausanne, l’EPFL en Sciences de la vie et une indépendance qu’elle peine un peu à gérer. « J’ai davantage profité de ma liberté qu’étudié », reconnaît-elle dans un sourire. Pas de miracle, elle échoue aux examens et c’est le retour à la maison. Elle entame alors les stages requis pour entrer à la HES. Ils la conduiront dans le laboratoire agroalimentaire de l’école de Grangeneuve, puis dans une entreprise en pleine recherche d’une nouvelle boisson à base de malt. « Ces deux expériences complémentaires, que j’ai beaucoup appréciées, ont confirmé mon choix de poursuivre en chimie », précise Marlyse.

    Son avenir, la jeune femme le voit dans l’enseignement, qui l’a toujours attirée, « mais pas tout de suite. Je veux d’abord travailler en entreprise pour ne pas passer toute ma vie dans la tour d’ivoire de l’école ! Je souhaite aller dans le monde du travail, le vrai ». Une activité qu’elle verrait bien dans l’alimentaire ou l’environnement. Pourquoi pas en préparant un master, « je ne ferme pas cette porte, mais suivrai les cours en emploi, car je veux mon indépendance ».

    Que retient-elle du voyage d’études en Islande ?

    « J’ai trouvé passionnant de découvrir concrètement comment fonctionne la géothermie, ainsi que les paysages islandais. Et au plan humain, les rencontres, des liens que j’espère garder si je sais faire l’effort nécessaire. J’ai gagné un peu d’assurance : c’est bien, je manque de confiance en moi. Le groupe m’y a encouragée. J’ai aimé le côté hors de tout de cette nature sauvage, qui amène à réfléchir, incite à aller à l’essentiel. »

  • Mary-Line Ducret, 22 ans, étudiante en 3e année de gestion de la nature, hepia Genève

    "C’est formidable de faire de sa passion un métier!"

    Dans la ferme du Mont-Pèlerin où elle grandit, Mary-Line vit dans la proximité de la nature et des animaux ; d’ailleurs elle veut devenir vétérinaire, un but qu’elle abandonne le jour où elle apprend que les études doivent se suivre en allemand… Après l’obtention d’un baccalauréat en biologie-chimie, elle hésite :« à ce moment-là, je n’imaginais pas pouvoir étudier une matière liée à ma passion de la nature. Je pensais que cela n’existait qu’à l’EPFL en Sciences de la vie. Cela me semblait très abstrait, pas pour moi », précise la jeune femme. Elle se décide pour l’école de physiothérapeute, elle est recalée aux examens d’admission.

    Une amie lui parle alors de la filière gestion de la nature de la HES-SO. Mary-Line est emballée : elle allait pouvoir faire de sa passion un métier ! Elle suit les stages préalables requis, chez un paysagiste, puis dans deux bureaux d’études. Elle y rencontrera d’ailleurs un biologiste qui va lui transmettre le virus de l’ornithologie. « Je n’y connaissais rien il y a deux ans. Ni aux oiseaux, ni aux plantes. Aujourd’hui j’en connais assez pour reconnaître les uns, analyser ce que la présence d’une plante révèle du milieu naturel. C’est impressionnant la vitesse à laquelle on apprend quand la matière nous intéresse ! » Une passionnée, qui aime partager son enthousiasme: pendant les 10 jours en Islande, la jeune femme ne reculera devant rien, ni le froid du petit matin, ni le manque de sommeil, pour apercevoir la faune locale, ramasser des plumes ou des plantes pour son herbier islandais.

    Après le bachelor, en juin prochain, elle aimerait travailler dans un domaine en rapport avec l’agriculture «parce que je sais de quoi je parle. Les paysans aiment la nature sinon ils ne la travailleraient pas. Je crois qu’en expliquant les enjeux de certaines mesures protectrices, il est tout-à-fait possible de les sensibiliser », explique la jeune femme, bien décidée à concilier ses origines paysannes, sa passion de la nature et son futur métier.

    Que retient-elle du voyage d’études en Islande ?

    "J’ai trouvé formidable de voir des territoires où l’homme n’a pas encore fait de dégâts et j’espère que cette situation durera encore longtemps. La beauté des paysages, les grands espaces me restent en tête. Et comme un paradoxe, je me souviendrai de la conduite d’un 4X4 sur des champs de lave ou à travers les rivières : un plaisir fou ! Et… pas très écolo.“

  • Roxane Magnin, 25 ans, étudiante en 2e année de Chimie, EIA Fribourg

    « J’avais envie de savoir comment se fabrique ce que je vends à la droguerie»

    Pendant le périple en Islande, Roxane jouait les «Madame secours», celle qui avait préparé et se trouvait responsable de la pharmacie de voyage. A côté de quelques médicaments classiques, celle-ci était bien fournie en granules et gouttes en tous genres, d’homéopathie et de phytothérapie. Droguiste confirmée, la jeune fribourgeoise en connaît un rayon sur les propriétés des plantes et a d’ailleurs enrichi le groupe de ses connaissances. Visiblement, la phytopharmacie la passionne et c’est d’ailleurs dans ce domaine, ou celui de l’écologie, qu’elle souhaiterait travailler, après encore deux ans d’études pour obtenir son bachelor en chimie.

    «Après mon CFC, j’ai voulu reprendre des études car j’avais envie de passer de l’autre côté, voir et comprendre comment se fabriquait ce que je vendais depuis quatre ans. La chimie m’a semblé répondre à cette envie, et me permettre plus tard d’intervenir dans les relations qu’elle entretient avec l’environnement, puisqu’une chimiste HES travaille au niveau de la production», explique Roxane. Poursuivre ses études lui semblait aussi indispensable pour être prise plus au sérieux : «à la droguerie, où je travaille toujours le samedi pour aider à financer mes études, je ne me sens pas toujours très valorisée, les gens ne profitent pas assez de mes connaissances», regrette-t-elle.

    Etudier la chimie correspond aussi bien à sa nature : «j’ai toujours été attirée par les potions. Pour moi enfant, c’était un monde un peu magique». Au collège, même penchant pour les préparations colorées, un peu mystérieuses, qu’il fallait analyser au laboratoire». Car Roxane a suivi une scolarité prégymnasiale jusqu’en 2e année de collège (gymnase), stade où elle a préféré bifurquer vers un apprentissage car «je ne voyais pas du tout sur quoi tout cela pouvait déboucher». Elle regrette à ce sujet que l’orientation professionnelle ne lui ait jamais parlé de la chimie «on ne m’a même pas proposé une information sur la profession de laborantine, alors que j’avais parlé de mon intérêt pour les préparations». La filière est pourtant aujourd’hui suivie par 40% de filles, un bon score pour des études d’ingénierie.

    Que retient-elle du voyage d’études en Islande ?

    «J’ai plongé dans ce voyage presque sans réfléchir. Je venais de voir « Home » de Yann-Arthus Bertrand, cela m’avait donné l’envie de voyager, et la perspective de me rendre dans un pays où je n’aurais jamais l’idée d’aller m’a séduite d’emblée. Voir une nature particulière, oublier le confort helvétique pendant presque deux semaines, tout me parlait. Et j’ai bien fait ! J’ai l’impression d’avoir mis ma vie sur « pause », de m’être enrichie. J’en garde des odeurs incroyables – j’y suis très sensible – des paysages uniques. Ce qui m’a le plus surpris est la vitesse avec laquelle nous avons tissé des liens entre nous, le partage, le climat de confiance entre des personnes qui ne se connaissaient pas. C’est la preuve que c’est possible.»

Voir les témoignages des autres participantes