L'araignée de krafla
Par Marlyse Raemy, Laure Jeandupeux et Catherine Cséfalvay

Près du volcan Krafla, au nord-est de l'Islande et à proximité de la faille tectonique américano-eurasienne, le magma est si proche de la surface terrestre que de nombreuses poches d'eau à haute température et haute pression sont apparues. C’est pour tirer parti de cette situation que les islandais ont construit une usine géothermique à cet endroit, loin de toute agglomération.
Telle une araignée qui écarte ses pattes, les différents pipelines transportant la vapeur arrivent à l'usine de toutes les pentes environnantes, afin d'y générer de l'électricité.
La station géothermique de Krafla a été construite en 1974. Elle comprenait alors trois puits. Malheureusement, entre 1975 et 1984, une série de neuf éruptions volcaniques, ainsi que de nombreux tremblements de terre ont fortement perturbé l'exploitation de l'usine, les puits étant détruits rapidement. Dès 1984, la situation s'est régularisée, et l'exploitation a repris.

Krafla est l'une des trois usines géothermique nationales qui fournissent ensemble 30% de l'électricité du pays. Le solde est généré par l'énergie hydroélectrique. De plus, Krafla est la seule usine géothermique à ne produire que de l'électricité. En effet, les autres installations permettent en plus de chauffer les maisons environnantes. Le site étant éloigné des habitations, il n'était pas économiquement viable de créer tout un système de chauffage avec les pertes thermiques de l'usine.
Afin de récupérer l'énergie géothermique, on a réalisé une installation comprenant actuellement 36 puits. Ils ont été construits dans un rayon de 2 km autour du bâtiment principal. Seize puits n'ont plus de pression suffisante, vingt sont actuellement en exploitation dont seize sont considérés comme ayant une haute pression, c'est-à-dire au minimum 7.4 kg/cm2 ; et quatre appartiennent à la catégorie basse pression, avec un minimum de 1.3 kg/cm2. En cas de pression inférieure, le puits est abandonné.

Les puits à haute pression sont percés entre 1.6 et 2.2 km de la surface terrestre, ceux à basse pression se situent entre 1 et 1.4 km. Ils sont reliés à la station principale par des pipelines munis d’une isolation thermique. Afin de ne pas subir trop de dégâts liés à la dilatation due aux changements de température, les tuyaux sont construits en formant des coudes dans les zones sensibles.
La vapeur sous pression est acheminée dans le séparateur, où elle est séparée de l’eau, dont une partie est évacuée dans les lacs proches, transformés en bains thermaux. Une autre partie (60 l/s) est réinjectée dans le sol, afin d'éviter l'assèchement des puits, puisque l’eau de pluie ne suffit pas à remplir les poches. Le reste est utilisé pour renouveler l'eau de condensation. 2 à 6 semaines séparent le moment du forage du démarrage de l’exploitation.
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