Gestion

Un peu d'histoire

Vers 5'000 ans avant JC, l’être humain a inventé l’irrigation, pour sécuriser sa nourriture ainsi que l’alimentation du bétail. L’organisation en société et la création de relations sociales ont été à l’origine de l’adoption de règles de partage de la ressource entre les membres de la communauté. La première ébauche de gestion de l’eau dans l’histoire a été donc mise en œuvre. Ces règles élémentaires étaient orales et acceptées par tous, puisqu’elles étaient établies en concertation avec l’ensemble des bénéficiaires. On les appelle Azerf chez les Imazighen (A’urf en arabe).

Dès leur installation, les habitant-e-s du Maroc ont opté pour une gestion rationnelle de l'eau, si essentielle à leur survie. L’irrigation a été une des sources de conflit entre les différentes tribus, en particulier dans les régions où elle se faisait rare. Plusieurs systèmes ingénieux ont été inventés pour mobiliser les eaux souterraines puisque les eaux superficielles n’étaient ni suffisantes, ni sécurisées à cause de la concurrence des différents utilisateurs en amont. Les khettaras par exemple, galeries suivant une pente légère sur 2, 10, voire 15 kilomètres, au diamètre suffisant pour permettre le déplacement d’une personne courbée afin de faciliter les travaux d’entretien. Ces réseaux permettaient une gestion très cadrée de la ressource, car les utilisateurs étaient connus et participaient à l’installation du système, à sa gestion et son entretien.

Avec l’arrivée du protectorat, un nouveau système de gestion a été mis en place, basé sur la centralisation et assorti d’une législation calquée sur le modèle français. Et les autorités promulguent la première loi sur l’eau en 1914, soit deux ans seulement après l’instauration du protectorat français au Maroc. Elle sera complétée par de nombreux décrets et annexes. Des textes repris tels quels par la législation marocaine à l’indépendance, avec la division des responsabilités, soit : le ministère de l’équipement s’occupe de la construction des barrages, le ministère de l’agriculture est en charge de l’irrigation et le ministère de l’Intérieur assure la présidence des comités de développement dans les provinces par le biais des gouverneurs.

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