Portrait étudiante

Hanane Jamali, 31 ans, étudiante 4e année (en emploi) HEIG-VD, Yverdon

Filière systèmes industriels

« J’aime travailler dans la conception et le développement des montres »

Lorsqu’elle arrive en Suisse de son Maroc natal, Hanane a 20 ans et c’est à La Chaux-de-Fonds qu’elle débarque puisque sa sœur est établie depuis quelques années dans les montagnes neuchâteloises. « Ce fut ma chance ! En arrivant, j’avais un bac scientifique en poche mais aucune formation particulière. Je devais donc trouver un emploi pour gagner ma vie et si possible une formation. Là-haut, par nécessité, ce fut l’horlogerie, avec la possibilité de faire un CFC d’horlogère en 5 ans. Et ça m’a plu ! Je me dis souvent que si j’étais arrivée dans une autre ville, je n’aurais sûrement pas découvert ce métier qui me passionne», sourit Hanane. Il est vrai que petite, elle était déjà attirée par la technique et se souvient avoir adoré toucher l’intérieur d’une montre d’enfant en plastique cassée. 

Une fois son CFC en poche, Hanane travaille pour une grande marque à la formation des vendeur-se-s à la technique. On l’envoie à son tour en formation continue et elle découvre la genèse de la montre, le moment de sa conception, tant du point de vue du design que de la technique. Révélation : c’est ça qui l’intéresse ! 

« Deuxième chance: la HEIG-VD était la première école d’ingénieur-e-s à offrir une filière en emploi. Sans cette opportunité, je n’aurais pas pu faire ces études », précise Hanane. Quatre ans et deux employeurs plus tard, elle prépare son travail de diplôme, tout en travaillant déjà au développement de nouveaux modèles de montres dans un bureau technique. « Quand je pense à l’établi de mes débuts, je me dis que j’ai parcouru un bon bout de chemin, toujours parmi des hommes d’ailleurs, tant à l’école qu’au bureau ! »

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«C’est la première fois que je fais ce genre de voyage en groupe de filles, c’est une découverte sympathique. J’apprécie particulièrement de faire la connaissance de femmes qui étudient dans d’autres filières et je me rends compte que cela m’a manqué pendant mes études. »

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«Devenez ingénieure, ce n’est pas du tout un métier de mec ! Tous les matins au lever on a envie d’aller au travail parce que tous les jours, on a un problème à résoudre ou quelque chose à apprendre. C’est un vrai  plaisir ! Et ce sont des études qui peuvent déboucher sur de bons emplois, intéressants et à responsabilité.» 


Hanieh Rachidi, 22 ans, étudiante 2e année 

HEIG-VD Yverdon

Filière ingénierie de gestion


« J’aimerais créer mon entreprise en Iran, mon pays natal, mais je ne sais pas encore dans quel domaine. »

A 17 ans, Hanieh débarque de Téhéran à Neuchâtel pour rejoindre sa mère, qui y est installée depuis plusieurs années. C’est sa grand-mère qui l’a élevée depuis l’âge de 10 ans dans la capitale iranienne, jusqu’à ce qu’elle obtienne son baccalauréat en maths-physique. Avant toute chose, elle doit apprendre le français : 6 mois intensifs censés lui permettre de rallier le CMS (Cours de mathématiques spéciales préparatoire) de l’EPFL. Elle manque le délai d’inscription de peu et se retrouve en Année préparatoire Future ingénieure de la HEIG-VD. « Pour moi, le programme était un peu trop général, j’avais déjà choisi ma branche, ingénieure en télécommunications. J’aurais donc préféré commencer à préparer la suite », regrette Hanieh. 

La suite ne se passe pas très bien pour elle, puisqu’en 1e année, elle rate son examen de programmation. Il lui manque beaucoup de bases, d’entente avec les professeur-e-s, elle se réoriente en ingénierie de gestion, dont elle suit les cours avec succès depuis deux ans. « Je n’ai pas de regret par rapport à mon premier choix, grâce à ma philosophie : je me dis toujours que si je rate, ce n’est pas fait pour moi ! », sourit Hanieh. De la philosophie, il en a fallu à cette jeune femme débordante d’énergie, pour s’habituer à la vie en Suisse « où tout est si calme et les gens très individualistes ». L’Iran, sa dynamique, la vie de groupe des jeunes, lui manquent souvent. D’ailleurs son avenir, c’est là-bas qu’elle le voit, à la tête de sa propre entreprise. « Mais avant tout, je continuerai en Master pour préciser mon cursus : soit plutôt ingénierie, soit plutôt gestion », conclut Hanieh.

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

Les entreprises que nous visitons sont des exemples pour moi, on en apprend beaucoup.» 

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«Débarrassez-vous de toutes les idées fausses véhiculées sur le métier d’ingénieure uniquement par l’héritage culturel. La preuve ? En Iran, 60% des effectifs en ingénierie sont des filles, pour moi, c’est un métier normal pour une femme !

Les filles seraient incapables de résoudre un problème de maths ? C’est faux. 

Pour être ingénieure, il faut laisser son côté féminin ? C’est faux, on peut être féminine et ingénieure.

Et il faut cesser d’imaginer que les ingénieur-e-s se retrouvent en salopette toute sale, sous une machine pleine de cambouis, pour la réparer. Allez voir ce que sont vraiment les métiers de l’ingénierie avant de décider qu’ils ne sont pas pour vous » 

Harriet Cole, 22 ans, étudiante 2année 

HES-SO Valais Sion

Filière Technologie du vivant


« Je ne sais pas encore très bien où je souhaite me diriger. Avant tout, je me réjouis d’avoir fini pour avoir une vie « plus normale » car là, avec mes problèmes de santé, suivre mes études est un peu lourd ».

Harriet a vécu une enfance nomade et contrastée, suivant ses parents entre la campagne vaudoise et Monaco, puis le fin fonds du Val de Bagne, à Sarreyer (VS), petit village de mazots où elle passe toujours ses week ends depuis qu’elle est installée en plaine, à Grimisuat, pour suivre ses cours à la HES Valais à Sion.

Déménager signifie changer d’école, devoir s’intégrer, démarche un peu difficile pour cette bonne élève, pas toujours bien vue car elle aimait discuter avec ses professeurs. « A Monaco, j’ai appris l’esprit de compétition. Dans mon école, les élèves étaient classés à la fin de chaque trimestre et on recevait des prix en fin d’année. Cela me motivait », se rappelle Harriet. Un encouragement à la performance encore renforcé par la compétition de voile, dans laquelle elle a excellé  - 2ème - en championnat scolaire, lorsqu’elle suivait la 8ème année d’école secondaire. « Si on me dit chiche, je le fais ! Cette année-là, outre mon bon résultat en sport, j’ai obtenu huit prix à la fin de l’année », sourit-elle.

Changement de pays, et d’ambiance, au début du gymnase : les aléas des programmes différents entre la France et la Suisse influencent son choix d’études. Harriet a en effet toujours voulu devenir médecin mais elle peine en maths. Elle se tournera donc vers une maturité en biotechnologie. La préparation de son travail de fin de gymnase la conduit en stage à Sion. Elle est séduite et enchaînera avec un stage préparatoire à la HES Valais de Sion, puis au laboratoire de l’EPFL. Un choix qui n’a pas posé de problèmes dans son entourage. Seule fille d’une fratrie de trois, Harriet n’a jamais senti que ses parents fassent une quelconque différence entre elle et ses frères.

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

« Une ouverture d’esprit sur le monde. Pour moi, la Chine était un pays communiste avec personne dans les rues et rien dans les magasins ! C’est la découverte d’une culture, puisque je ne suis jamais sortie d’Europe, sauf pour 3 mois aux USA ».

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« Dans ma filière, filles et garçons sont à peu près moitié, moitié, nous ne ressentons donc pas ce problème. J’aimerais dire à chacun-e que ces études apprennent beaucoup sur soi et à travailler en équipe. Au-delà des connaissances techniques, c’est ce qui m’apporte le plus.




Aurélie Daucourt, 25 ans, étudiante 3e année 

HEIG-VD Yverdon

Filière Génie électrique

« Je vais chercher un travail dans le domaine du réseau électrique.»

Pas de grande surprise dans l’entourage d’Aurélie lorsqu’elle s’engage dans la voie gymnasiale pour obtenir une maturité en physique et applications des maths. Sa famille a toujours été persuadée qu’elle ferait des études et des études dans le domaine scientifique ! « Depuis toute petite, j’aime les maths et tout ce qui touche à l’électronique et à l’école, les branches scientifiques étaient faciles », raconte la jeune femme. 

Sa maturité en poche, elle choisit l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne) parce que les programmes offerts couvrent un champ très vaste, lui permettant de changer si son choix s’affirme. Pas très sûre, elle s’engage néanmoins dans 4 ans de génie électrique, pour échouer l’analyse physique sans possibilité de rester dans la grande école. « C’est le choc : tous ces efforts, parfois cette galère financière, pour en arriver à… rien ! » se rappelle Aurélie. Heureusement, elle peut entrer à la HEIG-VD, directement en 2e année, et préparer son bachelor. 

Son choix étonne toujours ses ami-e-s, qui sont surpris-e-s de l’entendre parler technique ou électronique. « C’est sûr, ce n’est pas encore dans les mœurs, même chez les jeunes et surtout lorsqu’ils, elles, ne font pas d’études, mais ça ne me gêne pas», précise la jeune femme. Dans sa classe, elle sont 4 filles sur une douzaine d’élèves qui arrivent au bachelor cette année. Une situation qui lui convient plutôt : « ça me plaît de travailler dans un milieu plus masculin. Les femmes font à mon avis souvent trop de chichis, j’ai un meilleur contact avec les hommes, donc c’est parfait », conclut Aurélie, qui se réjouit de trouver un emploi dans son domaine. 

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«J’ai fait ce voyage plutôt pour moi, pour découvrir une autre culture. Je n’avais jamais quitté l’Europe, c’était une bonne occasion de faire un vrai voyage, sans être seule, ce qui m’inquiétait un peu. Cela dit, j’ai trouvé les visites techniques très intéressantes, particulièrement le Maglev, dans ma branche. Et j’ai été très étonnée de voir tout ce qui se fabrique encore à la main dans les usines, c’est fou ! 


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«Je trouve important de montrer la variété du domaine de l’ingénierie. C’est un métier où on peut évoluer de différentes façons, il offre beaucoup de choix et de possibilités d’avancer professionnellement. J’ai l’impression que beaucoup de filles se destinent à un métier de bureau un peu par défaut. J’aimerais leur dire que la technologie est intéressante, on apprend tous les jours quelque chose et on peut évoluer.



Joanne Villa, 24 ans, étudiante 3e année 

EIA Fribourg

Filière Architecture

Comme Joanne a participé au voyage dans le sud Maroc en juin 2008, son portrait figure dans les archives du site. 

Pour le lire 

En Chine, elle a répondu aux deux mêmes questions que les autres participantes et fait donc part ici de son expérience.

« Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? »

« Je voyais la Chine plus fermée et encore très loin de nos commodités (heures de travail, propreté). Mais en fait, même si c’est encore le cas dans les campagnes, vraisemblablement, c’est plus réglementé, contrôlé mais surtout très vivable en ville. Les gens sont propres, la ville aussi et ils sortent. J’ai été surprise par la rapidité des travaux. Je ne savais pas du tout que les chantiers continuaient nuit et jour. Les chinois se posent beaucoup moins de questions que nous. S’ils ont besoin de quelque chose, ils se donnent les moyens de le faire. Ils se lancent dans le futur. Nous, les Suisses, nous restons sur nos acquis, nous nous endormons et perdons du coup ce qui était l’honneur de notre pays. Entre autres, la ponctualité (train) et la propreté (forêts, routes, jardins). Les chinois se laissent vivre aussi. Les magasins sont ouverts jusqu’à 22-23h. Si les personnes qui finissent à 23h ont des jours entiers de congé ou je ne sais pas quelle autre compensation, je ne vois pas où est le problème ? A force de protection, nous ne vivons presque plus en Suisse. C’est le même cas dans le domaine de l’architecture. Les Chinois se donnent les moyens de réaliser des objets exceptionnels. En Suisse, il est bientôt impossible de construire quelque chose de différent, tellement tout devient standardisé. Avec toutes les contraintes, les solutions pour réaliser quelque chose deviennent beaucoup moins nombreuses. »

« Vous allez écrire un article pour le site www.ingenieuse.ch, créé pour encourager les jeunes filles à devenir ingénieure. Quel message souhaitez-vous leur transmettre ? »

« J’encourage toutes les personnes qui ont la chance d’avoir des capacités intellectuelles leur permettant de faire des études, à en faire. C’est tellement enrichissant de trouver un domaine qui nous plaît et d’en apprendre tous les jours à ce sujet ! C’est gratifiant et motivant. C’est également important d’avoir des bases dans à peu près tous les domaines (même si ce sont des branches qui ne nous plaisent pas), afin de pouvoir avoir des idées de connexion entre beaucoup de domaines. Il est à mon sens très important de travailler en équipe avec des spécificités et des intérêts très différents, car quoi que l’on fasse, les impacts sur l’environnement et les êtres humains sont présents. Le plus dur, c’est le premier pas, et il y a toujours des solutions ou alternatives à tout. Courage ! »

 

Laetitia Roh, 25 ans, étudiante 3e année 

HES-SO Valais Sion

Filière Technologie du vivant

« Je voudrais travailler dans la recherche et développement en immunologie ».

« Si je repense à mes choix, leur motivation a toujours été de pouvoir trouver des solutions pour améliorer la santé des gens », explique Laetitia dans ce café de Guangzhou où nous avons trouvé un moment pour parler, entre une visite technique et un peu de shopping. Ainsi, petite, elle souhaitait devenir physiothérapeute. Ce qui l’a conduite à préparer une maturité commerciale bilingue à Sion « car le Valais n’a qu’une école de physio, à Loèche, donc en allemand ! » Pour y entrer, la concurrence est rude. Laetitia se dirige alors vers l’Ecole supérieure de Santé à Lausanne, 3 ans et demi pour obtenir un diplôme de laborantine médicale. 

Elle travaille un an au laboratoire antidopage d’Epalinges (VD) où elle vit une expérience peu commune et très intéressante pendant l’Euro 2008 de football organisé en Suisse. Malgré son intérêt pour son métier, elle se rend vite compte qu’elle n’aura pas beaucoup d’occasions de diversifier ses connaissances ni de progresser. Le monde des laboratoires est retreint et quelque peu fermé. Laetitia décide donc de devenir ingénieure. Retour chez sa mère en Valais, pour suivre la filière biotechnologies à Sion, tout en gardant un pied dans des laboratoires médicaux pendant les vacances. 

« J’ai toujours aimé les sciences, tout ce qui touche au médical et à la génétique. Maintenant, mon ambition est de trouver un emploi dans la recherche en immunologie. Le domaine des vaccins me passionne depuis un stage que j’avais suivi pendant mon école de laborantine. », conclut-elle avec espoir. 

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

« Les visites techniques ne concernent pas du tout mon domaine mais j’apprécie de découvrir autre chose, et surtout des étudiantes en architecture et ingénierie d’autres filières. Cela me donne une ouverture et élargit ma culture générale. J’ai particulièrement apprécié la visite de la STEP de Dongguan, qui avait un rapport avec la biologie. Et puis, j’aime voyager !

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« Au moment de choisir des études ou un métier, cela vaut la peine de chercher des informations pour découvrir tout ce qui existe, au-delà des non dits et des préjugés. Faites des stages dans des domaines inconnus, prenez le temps et osez suivre votre envie ! »


Xiaowen Sheng, 29 ans, étudiante 3e année 

HEIG-VD Yverdon

Filière Médias


« J’aimerais travailler dans le domaine de l’Internet et de la communication »


Avant de venir en Suisse en 2001, Xiaowen avait obtenu un bac scientifique à Shanghaï, sa ville natale où elle est retournée étudier après une enfance passée dans le sud de la Chine. Elle enchaîne ensuite sur l’Université des langues étrangères de la même ville, où elle passe une licence en droit international.

Lorsqu’elle arrive à Lausanne, c’est dans l’idée de suivre un Master en droit international à l’Université. Elle apprend qu’il est impossible pour une  étrangère de suivre cet enseignement. Comme ses résultats en maths et sciences n’étaient pas mauvais en Chine, Xiaowen se tourne vers l’EPFL  et passe le concours d’entrée réservé aux étudiants chinois. Elle fait partie des 3 personnes, sur 268, autorisées à commencer le CMS (cours préparatoire en maths) de la Haute Ecole. Problème : elle ne reçoit pas son titre de séjour car elle a changé de domaine d’études depuis son départ de Chine… 

S’en suivront de longues procédures administratives, tant à Lausanne que dans la Berne fédérale, qui lui font choisir finalement plutôt la HES-SO que l’EPFL, puisque les études lui semblaient plus courtes. En 2005, elle suit l’Année préparatoire Future ingénieure de la HEIG-VD, avant de commencer la filière Médias à Yverdon. En 2005, Xiaowen résoud son problème de titre de séjour en se mariant avec son compagnon. 

Son bachelor en poche, elle souhaite travailler dans la communication, car cette polyglotte avertie y croit : « sans communication, on ne peut résoudre aucun problème ni réussir un projet. J’aime trouver des solutions avec les moyens du bord, démarche que j’ai d’ailleurs beaucoup suivie dans l’organisation de ce voyage en Chine ; notamment pour obtenir le meilleur pour un minimum d’argent ! Je suis une optimiste, je sais que je vais toujours m’en sortir, cette énergie positive m’aide dans tous les domaines de ma vie », conclut Xiaowen.

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«Comme j’ai collaboré à l’organisation, j’ai appris beaucoup en matière de négociations, de débrouillardise. En vivant dans le groupe, j’ai aussi expérimenté mes capacités d’intégration et de contrôle de moi-même. Cela me faisait très plaisir de montrer un peu de mon pays à des Suissesses, j’ai donc donné le meilleur de moi pour les accueillir. 

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«Cette problématique est étrange pour une chinoise. Nous grandissons et étudions dans des classes mixtes, moitié filles, moitié garçons. Je veux juste dire aux jeunes filles de faire ce qu’elles ont envie sans se préoccuper des autres. Ecoutez votre cœur et faites-le ! 


Séverine Chevalley, 20 ans, étudiante 1e année 

hepia Genève

Filière Architecture

« Quand j’aurai assez d’expérience, j’aimerais faire de l’architecture d’urgence : concevoir des maisonnettes pour les catastrophes naturelles ou les pays défavorisés ».

La jeune étudiante de Ville-la-Grand (agglomération d’Annemasse, France) est presque surprise elle-même de terminer sa première année en architecture à hepia Genève. Elle, la rêveuse, qui aimait la littérature et les langues à l’école, est arrivée là par amour pour l’art plus que pour les maths, et par des concours de circonstances en cascades. Il y a d’abord sa volonté de ne pas quitter sa région pour étudier, qui la pousse à s’intéresser aux études possibles à Genève. Dans le but de devenir architecte d’intérieur, Séverine passe un an à se préparer au concours d’entrée à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD), tout en s’inscrivant pour suivre les cours conduisant au CFC de dessinatrice d’intérieur et l’obtention d’une maturité artistique. Avant d’avoir les résultats de la HEAD, elle doit confirmer son inscription au CFC. Ce qu’elle fait, pour ne pas se retrouver sans perspectives. Elle en est ravie : « le dessin d’intérieur m’a plu. J’aime concevoir des agencements, mettre de l’ordre avec ma logique, pour que ce soit à la fois pratique et harmonieux pour les futurs habitants », explique-t-elle. 

Arrivée au terme de sa première formation, elle continue sur sa lancée et s’inscrit en architecture, une formation qui lui apporte de grandes satisfactions, et surtout celle «  d’améliorer la vie des gens ». 

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«Découvrir des réalisations architecturales qu’on ne trouve pas en Suisse et pouvoir observer les règles d’un urbanisme différent. J’ai aussi aimé rencontrer les autres participantes, des personnes qui sont sur la même longueur d’onde que moi »

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« Ce sont des études prenantes, qui nous emportent et nous font vivre pleinement. On est dans une dynamique très enrichissante, car l’architecture regroupe en fait divers métiers, c’est très varié. Pour toutes ces raisons, il faut être passionnée pour s’y engager à fond. ». 


Dan Zhu, 25 ans, étudiante master 

Département de la science du thé 

Université Zhejiang Hangzhou

« A la fin de mon master en mars 2011 j’espère obtenir une bourse pour aller étudier en agroalimentaire à Zurich »


Dan est née à Suzhou dans une famille très modeste, où elle a suivi toute sa scolarité jusqu’au baccalauréat. En Chine, les élèves choisissent en deuxième année de gymnase entre la littérature ou la science. Dan a toujours aimé la chimie, elle choisit la science et prépare, outre ses examens de maturité, le concours d’entrée à l’Université de Pékin. « Il faut travailler très dur car la concurrence est rude. L’Université de Pékin prend chaque année environ 600 étudiant-e-s en sciences, sélectionné-e-s parmi des candidat-e-s de tout le pays. L’examen porte sur 5 branches : chinois, maths, anglais, physique et chimie.  L’orientation dépend ensuite du classement obtenu lors de cet examen. J’étais 48ème, j’ai donc pu choisir la chimie appliquée, j’étais ravie ! » explique la jeune chinoise.  

Après deux ans de chimie de base, de physique et de maths, Dan peut se spécialiser, elle choisit l’alimentation, qui sera l’option de son bachelor. Ses résultats sont très bons, elle est donc admise à l’Université Zhejiang de Hangzhou – une des trois meilleures du pays - en sciences du thé, pour y préparer son Master. Cette institution chinoise a conclu un partenariat pour des échanges d’étudiant-e-s avec la HES Valais. Dan, qui travaille sur les polyphénols du thé (voir visites techniques) saisit cette opportunité et passe 7 mois de sa deuxième année d’études à Sion. 

« J’ai beaucoup aimé la Suisse, la nature et les gens. Surtout les gens ! Ma famille était d’abord fière et contente pour moi: dans ma famille, je suis la seule, même dans ma génération, à être sortie de Chine !  Ils s’inquiétaient aussi, car je ne savais pas un mot de français » se rappelle Dan. Une langue qu’elle n’ose pas encore beaucoup parler, au contraire de l’anglais. La timide jeune femme a pourtant pris goût à l’aventure suisse puisqu’elle espère obtenir une bourse après son Master, pour continuer ses études dans l’agroalimentaire, à Zurich cette fois ! 

Julie Gyger, 24 ans, étudiante 3e année

hepia Genève

Filière Gestion de la nature


« Un master ? Peut-être mais plus tard et à l’Université. Avant je voudrais travailler à l’étranger, plutôt dans la bio indication ».

Au collège, les maths et la physique étaient les bêtes noires de Julie, en revanche elle aimait la biologie, tout ce qui touchait au fonctionnement du vivant et à la santé. Cela explique sans doute un intitulé de maturité gymnasiale un peu atypique : arts visuels avec biologie en complément ! Ce papier-là en poche, la jeune fille prépare pendant un an le concours d’entrée à la Haute Ecole de santé de Genève, en diététique, nécessaire pour réussir un examen qui affiche un taux de réussite de 20%... 

C’est le cas de la genevoise, heureuse de pouvoir commencer des études qui l’intéressent. Pourtant après un an, elle décide d’arrêter : « finalement, je trouvais ça trop restreint, j’avais l’impression de vivre tout le temps dans des histoires de nourriture », explique-t-elle. 

C’est par un ami qui suit des cours d’agronomie en diététique qu’elle entend parler de hepia, et plus précisément de l’école de Lullier en gestion de la nature. « Cette branche rejoignait mon intérêt pour le vivant, ça m’a donné envie de me lancer. J’ai donc cherché des stages, obligatoires lorsqu’on sort du gymnase ». Ce sera le Centre de soins et zoo de la Garenne à Le Vaud, un paysagiste à Genève, puis une association de protection de l’environnement à Bassins. « J’ai pu faire beaucoup de terrain, des balades nature, des relevés d’oiseaux et du conseil. Avec eux,  j’ai aussi participé à des baguages d’oiseaux dans le sud de la France, essentiels pour effectuer le suivi de certaines espèces. J’ai vraiment aimé ça, comme les cours d’ailleurs ! »

Julie arrive en fin de parcours de bachelor et sait qu’elle voudrait travailler à l’étranger, et dans la bio indication ; c’est-à-dire les techniques qui permettent d’identifier un milieu à partir de la présence ou de l’absence de certaines espèces, en général des invertébrés. 

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«D’un point de vue professionnel, c’est difficile à dire car les visites ne concernaient pas vraiment mon domaine, à par peut-être l’analyse des polyphénols. J’ai aimé avoir une ouverture sur les autres métiers de l’ingénierie et je ne voulais pas rater ça : dès que je peux voyager, je pars ! »

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« J’aimerais leur conseiller de considérer le monde avec un regard plus large : il existe plein de domaines qui pourraient les intéresser ou les toucher et dont elles n’ont peut-être jamais entendu parler. Derrière le mot ingénierie se trouvent des métiers très différents et probablement passionnants pour elles aussi ». 


Perrine Frick, 24 ans, étudiante 3e année 

hepia Genève

Filière Architecture du paysage

« Après le bachelor, j'aimerais concilier l'envie de poursuivre mes études et mon envie de voyager: un master à l'étranger ? Sans doute.»

Voyager, bouger : tout chez Perrine respire l’envie de découvrir d’autres pays et cultures. Elle a d’ailleurs rejoint le groupe à Guangzhou, partie bourlinguer plus tôt en Asie. Ce qui n’empêche pas la jeune femme d’avoir été attirée très tôt par un métier plutôt statique puisque lié à la terre : architecte du paysage, qu’elle découvre à 14 ans dans une revue de présentation de professions. 

Française, elle obtient une maturité gymnasiale en langues à Genève où elle vit, mais ne change pas d’avis. « Ce qui m’a plu ? L’architecture du paysage lie le travail dans la nature avec l’art », précise-t-elle. 

Sa maturité en poche, elle parvient à allier le stage obligatoire pour entrer à hepia, sa forte envie d’ailleurs et l’apprentissage de l’anglais. Elle part quatre mois en Australie travailler dans la construction de jardins. Puis enchaîne à Genève avec trois mois d’entretien et deux mois au « Jardin des 5 sens » à Yvoire (France). Là, elle arrive au bachelor, sans trop savoir de quoi sera fait son avenir proche. « Je ne me vois pas encore travailler, et surtout pas où. Certains ami-e-s sont déçus de leur poste dans un bureau technique. Peut-être faire un master ? Je ne sais pas, c’est encore flou ». conclut-elle. 

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«Tous les voyages apportent de voir des choses différentes, ce qui rend plus ouvert-e. D’ailleurs à l’école, on nous conseille de voyager pour observer des paysages différents. Plus on ouvre son regard, plus on alimente ses idées. J’ai aimé aussi rencontrer des étudiantes d’autres domaines car plus tard, on travaillera avec d’autres professionnell-e-s. C’est enrichissant de partager les connaissances de chacune. 

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«En architecture du paysage, le 50/50 hommes-femmes est atteint, on ne se rend donc pas très bien compte de ce problème. Je dirais aux plus jeunes d’avoir confiance en elles et de ne pas s’arrêter aux idées reçues. 


Caroline Vuitel, 22 ans, étudiante 2e année 

HES Valais Sion

Filière Technologie du vivant


« J’aimerais travailler en lien avec la protection de l’environnement ou la pharmacie »

Déjà à l’école primaire de Vaumarcus (NE) où elle grandit, Caroline se passionne pour la vie des animaux et des plantes grâce à un maître qui sait transmettre son intérêt à ses jeunes élèves. Cette attirance ne la quittera pas pendant sa scolarité, au contraire, elle se plonge avec bonheur dans les cours de biologie et se prépare très naturellement à aller au gymnase pour obtenir une maturité en biologie-chimie. 

Deux mois avant la fin de l’école, elle se désinscrit : « j’ai tout-à-coup réalisé que je préférais aborder cette matière par le concret plutôt que par la théorie. J’ai adoré mes stages, j’avais vraiment envie de vivre dans le monde des adultes. Il faut dire que je n’ai jamais eu de très bonnes relations avec mes camarades de classe, toujours eu de la peine à m’intégrer », confie Caroline. 

Il lui reste à trouver une place d’apprentissage, pas simple, elle n’a que 15 ans ! Une entreprise pharmaceutique de la place lui donne sa chance et c’est parti : 4 ans, pour obtenir un CFC de laborantine en biologie et une maturité professionnelle. 

Elle sera engagée comme professionnelle dans la même entreprise, au laboratoire de biochimie. Caroline aime son travail mais se rend vite compte qu’elle est « la manuelle » de l’équipe, il lui manque des connaissances pour concevoir les méthodes d’analyse, ce qui la passionnerait ! « Je voulais pouvoir participer aux réflexions en amont. Pour ça, il fallait décider de devenir ingénieure et reprendre le chemin des cours », explique la jeune fille. 

Encouragée par ses responsables et sa famille, elle se lance, donne sa démission après un an, avec un petit pécule mis de côté pour aborder sa période d’études. Un grand changement pour la jeune fille, puisque cela signifie aussi quitter la maison familiale pour s’installer à Sion. « Jamais je ne regretterai cette décision, je suis ravie de mes cours, de ma vie, y compris d’avoir dû me décider à vivre seule ! »

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«On voit comment ça se passe ailleurs. De par mon travail antérieur, je connais le monde de l’entreprise américain, je trouve intéressant de découvrir le chinois. D’ailleurs je constate des similitudes ! » J’apprécie aussi de voir de très grandes usines et la technique dans d’autres domaines que le mien. Participer à un voyage d’études ouvre des portes fermées aux particuliers, j’apprécie. Enfin, cela permet de se rendre compte qu’on a de la chance… »

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«Les études d’ingénieur-e-s nous préparent vraiment à la vie d’entreprise. Nous sommes formé-e-s pour travailler en équipe et pour résoudre des problèmes très concrets. C’est motivant et je suis sûre que ça ouvre beaucoup de portes pour trouver un travail intéressant.» 

Jessica Roder, 23 ans, étudiante 3e année 

EIA Fribourg

Filière Architecture

« J’aimerais faire un master, en Suisse ou à l’étranger, et me spécialiser dans la création architecturale.»

A la fin du collège, préparant une maturité gymnasiale en espagnol et histoire ancienne, la jeune Jessica se voit bien professeure ou avocate mais sans que ce soit encore un choix professionnel. Elle se renseigne donc sur les voies s’ouvrant devant elle, notamment lors des Journées d’orientation, où elle découvre l’EIA et sa section d’architecture. 

Jessica se rappelle alors qu’elle a toujours aimé dessiner, y compris des vêtements, toujours été très attentive à l’arrangement de sa chambre « pour qu’on s’y sente au mieux ». Elle suit un stage à l’école, qui lui plaît, et elle se décide. « Dès ce moment-là, j’ai su que l’architecture était ma voie. Ce sentiment s’est confirmé lors du stage obligatoire en entreprise, dans un bureau d’architecture fribourgeois, même si ce fut difficile au début parce que je ne me sentais pas très utile », raconte-t-elle. 

A la fin de l’année en revanche, c’est le bonheur quand on lui confie une petite responsabilité dans la transformation d’une ferme en appartements. Elle aime échanger avec les clients et les collègues, et apprend beaucoup, notamment « que toute idée n’est pas concrétisable ». Une expérience en entreprise qu’elle a trouvée très utile pour ses études, car elle avait « appris à être sûre de ses choix pour être capable de les défendre ».

Pour Jessica, l’architecture, c’est la vie : dans tous les pays du monde – qu’elle aime visiter – les gens construisent leurs habitats pour leur bien-être et dans un souci esthétique. 

Bientôt le bachelor, et après, c’est sûr, un master à l’étranger ou en Suisse, mais ailleurs qu’à Fribourg « pour bouger ».

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«Voir le développement de la Chine par moi-même, différent de la Suisse mais quand même dans une optique partagée par le monde entier d’arriver à construire des bâtiments à zéro énergie. 

Je n’avais jamais vu des constructions telles que l’opéra ou le musée de Guangzhou, c’est une expérience forte pour qui aime l’architecture. Tout comme se retrouver dans des villes de plusieurs millions d’habitants. Je pense que c’est à vivre car c’est ce qui nous attend tous. Et les architectes ont à penser ce futur, pour concevoir des villes durables où on concentre l’activité économique et le logement, tout en évitant l’étalement urbain. L’avenir est au mélange des deux, qui fonctionne bien, s’il est bien pensé.»

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« N’ayez pas peur que ce soit trop technique, trop matheux. En architecture, cet aspect est largement compensé par tout ce qui est créatif. Et ne vous laissez pas impressionner ! »

Mélanie Lutz, 20 ans, étudiante 2e année 

hepia Genève

Filière Génie civil

« C’est très clair : je veux être conductrice de travaux sur les chantiers. D’abord de petits chantiers, puis de plus gros. »

Mélanie, qui habite Gex (France) passe un baccalauréat économique et social en sachant déjà qu’elle s’intéresse au monde de la construction. Elle a baigné dans des histoires de chantier toute son enfance, on l’aiguille sur l’architecture, un domaine « plus féminin » que la construction pure. Dans cette perspective, elle suit en France une année de cours préparatoires du niveau de la maturité professionnelle technique. Puis entre en architecture à hepia Genève pour se rendre très vite compte que ce n’est pas le bon choix : « je n’arrivais pas bien à m’imaginer ce dont on parlait en classe. C’était abstrait, je détestais. Puis, après six mois de cours, on partait 3 mois en stage. J’ai débarqué chez Losinger, sur 6 chantiers différents où j’ai partagé le quotidien des conducteurs de travaux. Là j’ai compris : ce qui m’intéressait, c’était le gros œuvre ! »

Mélanie bifurque donc en génie civil où elle étudie depuis un an, avec grand intérêt mais aussi quelques difficultés. « On n’a que 3 ans pour apprendre un maximum de choses, c’est court, donc très chargé et parfois ça va un peu vite, nous n’avons pas le temps d’approfondir. En comparaison, en France, les études durent deux années de plus, c’est tout dire… », explique la jeune fille, néanmoins toujours bien décidée à préparer son bachelor. Elle sait aussi déjà qu’elle ne continuera pas les études. Ce dont elle se réjouit, c’est de travailler, de vivre sur un chantier. « J’ai eu de la peine au début du stage, j’étais timide, réservée et on ne peut pas se permettre d’être comme ça dans ce contexte. Il faut plutôt être sûre de soi ! Etudier dans une classe de garçons – elles sont deux filles sur 23 élèves - m’a aidé à apprendre ça ». 

La jeune fille ne manque pas de détermination et ne se laisse pas démonter facilement devant les réactions sceptiques de sa mère ou d’incompréhension de ses ami-e-s. « C’est juste un peu frustrant car mon travail ne les intéresse pas et parfois j’aimerais partager », regrette Mélanie. Mais rien ne semble pouvoir la détourner de ce métier qui l’a séduite, fait de responsabilité et de terrain, bottes au pied. Dans ce projet qu’elle sait difficile, elle peut compter sur l’appui et la fierté de son père, et surtout sur la force de son envie. « Je me réjouis de vivre ces moments : arriver quelque part, il n’y a rien. On installe le baraquement de chantier et petit-à-petit quelque chose existe, l’espace se remplit », s'enthousiasme Mélanie. 

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«J’ai pris conscience qu’il restait encore beaucoup à réaliser à l’étranger. Il ne faut pas raisonner par rapport à un seul pays. En Suisse, 10 ans minimum sont nécessaires pour construire un ouvrage. En Chine, tout peut aller beaucoup plus vite ! 


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«J’aimerais leur dire de ne pas penser à l’avance que ce sera trop dur de vivre dans un monde de garçons parce qu’en fait ce n’est pas du tout le cas ! On apprend beaucoup humainement parlant, en travaillant dans un secteur où une majorité d’hommes travaillent. 

L’ingénierie est tellement vaste qu’elle pousse à s’ouvrir, à devenir curieuse. C’est un métier qu’on peut pratiquer dans le monde entier. Où qu’on aille, on trouvera quelque chose d’intéressant à observer ou à réaliser soi-même. Il y a des bâtiments partout, et des ingénieur-e-s partout !

Cécile Berlaud, 25 ans, étudiante 3e année

hepia Genève

Filière Architecture du paysage

« Je pars chercher un travail à Nancy, avec le souhait de trouver un poste dans un bureau d’études qui conduit de petits projets publics »

Cécile a grandi à Mâcon (France) dans une famille qui lui transmet l’amour des jardins et de la botanique. Elle choisit de préparer un bac scientifique, puisque c’est celui qui a la réputation d’ouvrir le plus de portes. Son intérêt pour le monde des plantes n’a pas faibli en grandissant, elle se renseigne donc sur les études de botanique. En France, deux ans de préparation sont requis après le baccalauréat pour espérer rallier cette  filière à l’Université. Un peu long pour cette jeune fille qui veut avancer vers un métier ! Elle songe au BTS d’aménagement paysager mais les  responsables d’orientation le lui déconseillent et la dirige vers une école de diététique. 

Cette orientation ne lui convient pas, elle arrête après un an et reprend sa première idée : obtenir un BTS en aménagement paysager, à Nancy. L ‘école organise chaque année des présentations pour la suite des études. C’est dans ce cadre qu’elle découvre hepia, et plus précisément la filière architecture du paysage. Elle a encore envie d’apprendre et de progresser dans sa branche, et l’idée de découvrir la Suisse lui plaît. Comme l’opportunité de connaître comment on gère les paysages dans un autre pays que le sien. De ce point de vue-là, 3 ans plus tard, elle est un peu déçue : Genève est si proche qu’elle n’y décèle pas d’autres influences qu’en France ! 

Cécile sait qu’elle a trouvé sa voie : elle se sent bien lorsqu’elle travaille dehors, elle aime la végétation, les associations entre les plantes et le bâti, dans le but que les gens se sentent bien dans leur ville ou village. 

Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«Découvrir un pays qui se développe très vite, avec un très fort impact sur ses paysages. Je suis d’ailleurs un peu déçue car j’ai l’impression que les Chinois ne s’en préoccupent simplement pas ! J’ai par exemple remarqué qu’ils construisent des lignes TGV au même endroit que l’autoroute. Ce n’est vraiment pas ce qu’il faudrait faire avec un souci d’intégration de ces aménagements dans le paysage. 

J’ai aussi été choquée que l’entrée dans les jardins – à Suzhou – soit payante. Il n’y en a déjà pas beaucoup… Des jardins qui m'ont par ailleurs impressionnée:  tout y est pensé, les concepteurs ont mis de l’émotion jusque dans les dallages. 

 

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«Dans ma filière, l’équiibre homme-femme est respecté. Je préfèrerais m’adresser à toutes et tous pour les encourager à découvrir un métier encore peu considéré. La preuve ? pendant le voyage, nous n’avons jamais abordé cette problématique. Recourir à un architecte du paysage n’est pas encore dans les habitudes. Pourtant à notre époque, c’est très important et ne renchérit pas forcément les projets. 


Nathalie Farei-Campagna, 24 ans, étudiante 2e année 

HES-SO Valais Sion 

Filière Technologie du vivant


« J’ai choisi ces études pour travailler en assumant plus de responsabilités qu’une simple laborantine ».

   



A l’âge de 6 ans déjà, Nathalie aimait regarder à la TV des émissions détaillant le fonctionnement du corps humain. Cet intérêt ne l’a pas quittée pendant ses classes puisqu’elle a toujours apprécié la science, et particulièrement la biologie. C’est donc tout naturellement qu’elle suit le collège au lycée scientifique de Bellinzone (Tessin) où elle vit. Nathalie étudie ensuite à l’Ecole SPAI de Lugano, avant de commencer un CFC de laborantine en biologie couplé à une maturité professionnelle technique, en 3 ans. 


C’est sans hésitation qu’elle décide de continuer ses études pour devenir ingénieure « et ainsi pouvoir trouver un emploi avec plus de responsabilités qu’une simple laborantine », explique la jeune fille. Dans ce but, elle doit quitter son canton et sa famille pour Sion en Valais, puisqu’aucune haute école tessinoise ne prépare au bachelor en biotechnologie. « Je ne regrette pas ce choix, mes études me plaisent et j’aime bien la ville de Sion » conclut Nathalie. 


Que vous apporte un tel voyage pour votre vie d’ingénieure ? 

«Venir en Chine peut m’apporter de possibles contacts avec des entreprises. Et j'ai aimé découvrir ce pays. »





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«Je les encourage à suivre leur passion, même si pour ça, elles se retrouvent en minorité, D’ailleurs, elles sont les bienvenues dans les écoles : peu de filles y étudient mais elles ne sont pas mises de côté ni discriminées. Elles ne risquent rien et ont à y gagner un métier qu’elles aimeront ».  




Marie-Christine Pasche
Photos Jean-Philippe Daulte

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